Le syndrome du grand coquelicot

Définition

Robert Vonnoh "Coquelicots"

Le "tall poppy syndrome" ou "syndrome du grand coquelicot" est une tendance de nos sociétés à détester et décrédibiliser   -systématiquement et par principe- tous ceux qui dépasseraient la moyenne d'un groupe social donné : les plus riches, les plus puissants, les plus célèbres... bref tous ceux qui ont ou sont "plus".

Origine

Le "syndrome du grand coquelicot" est une expression idiomatique populaire en Australie et dans certains pays scandinaves, mais ce phénomène trouverait son origine dans l'Antiquité.

Bas relief Hérodote / Musée du Louvre

Selon Hérodote, l’empereur envoya un messager pour demander conseil à un grand général et homme politique athénien sur la meilleure façon de garder le contrôle de l’empire. Le messager demanda mais le général se contenta de marcher silencieusement au milieu d’un champs de blé. Chaque fois qu’il rencontrait un épis plus grand que les autres, il le coupait et le jetait au sol. 

 

 Cette métaphore aurait été reprise et appliquée à un champs de coquelicots ; c'est de là que nous viendrait l'expression australienne. C'est une image claire de l'utilité du conformisme pour assurer un contrôle sur le groupe.

Un stratagème de contrôle

Il s'agit finalement d'une technique de pouvoir sur les individus et par les groupes d'individus eux-mêmes. Elle se pratique en trois temps :

  1. Observer le terrain et adopter un scepticisme systématique à l'égard des gens riches, puissants ou célèbres.
  2. Les attaquer ouvertement en commençant par ceux qui apparaissent comme les plus prétentieux pour les inciter à rentrer dans le rang. 
  3. Attendre que les individus valorisent le "profil bas" comme attitude socialement acceptable et s'autocensurent en faisant de la trop grande réussite un danger qui feraient du "grand" une "cible".

Pourquoi cela fonctionne-t-il aussi bien ?

L’une des grandes contradictions de l’être humain a trait à la difficulté d’apprécier honnêtement les vertus d’autrui, sans en être affecté. Il ne s’agit pas exactement d’envie mais d'estime de ses propres capacités face à des êtres plus aguerris que soi. Cette haine est davantage liée au fait que le succès des autres rendent plus visibles nos propres limitations. 

Pistes pour guérir du syndrome

On ne peut pas changer la tendance au conformisme à la moyenne du groupe. Par contre, il nous est possible d'intervenir sur nous-mêmes. On vous propose deux pistes : 

Si nous travaillons au développement de nos compétences tout au long de notre vie, notre tolérance sur les capacités d'autrui grandira à mesure que nos propres limitations se réduiront.

En parallèle, promettez-vous de ne jamais vous limiter pour mettre à l'aise autrui. Tout en restant humble.

Arrachez-vous et bossez. Ça paye à terme !